Du parlementarisme absolu au présidentialisme absolu: le pouvoir exécutif en France (1914-1962)
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DOI:
https://doi.org/10.63277/gsc.v51i.5335Parole chiave:
Pouvoir exécutif, République parlementaire, décrets-lois, réformisme constitutionnel, présidentialismeAbstract
La quête du Gouvernement fort est la grande affaire du droit constitutionnel français de la première moitié du XXe siècle. La Constitution de la Ve République en reçoit l’héritage. Mais cette émancipation de l’Exécutif n’est pas lisse et linéaire: est faite de heurts, de flux et de reflux. Elle aboutit surtout au passage d’un déséquilibre à un autre: avec la Ve République, la France est passée
du «parlementarisme absolu» au «présidentialisme absolu». Cette histoire contrariée peut être retracée en deux temps: de 1914 à 1940, un premier cycle de renforcement du pouvoir exécutif naît des nécessités de la guerre et des crises de l’après-guerre. Mais la République échoue à réformer ses institutions, l’émancipation de l’Exécutif demeure informelle. Le régime de Vichy décrédibilise, à
la Libération, toute possibilité de renouer avec un Gouvernement fort. De 1946 à 1958, la pureté des idéaux républicains cède toutefois devant les réalités gouvernementales. Un second cycle de réformisme aboutit à la Constitution du 4 octobre 1958 qui substitue, de manière disruptive, le présidentialisme au parlementarisme.

